Duo Lallement Marques

 

CONCERT -  5 JUIN 2016

16 h

Studio Le Regard du Cygne

210 rue de Belleville

75020 PARIS (métro Télégraphe, Place des fêtes, Jourdain)

Réservation conseillée  Réserver

PAF: 10€

 

 

Brian FERNEYHOUGH
No time at all  (2005)
 
Pascale CRITON
Trans  (2014 - 2016)
pour 2 guitares accordées en 12èmes de ton
V - Mobile (création)
 
Francisco LUQUE
L'oiseau rare  (2000)
pour 2 guitares
accordées en quarts de ton
 
Helmut LACHENMANN
Salut für Caudwell  (1977)
 
 
 
 

NO TIME (AT ALL) de BRIAN FERNEYHOUGH (2005)

 

 

Cinq courtes pièces pour deux guitares (l'une accordée un quart de ton plus bas que l'autre). La recherche de la signification du "temps musical" a été depuis longtemps, l'une des préoccupations de Ferneyhough, mais elle vint au centre de ses intérêts, avec la composition de l'opéra Shadowtime, dont No time (at all) représente clairement une ramification. Les matériaux sont très largement ceux des parties pour guitare des Froissements d'Ailes de Gabriel, bien que présentés dans un ordre absolument différent. Les cinq pièces constituent une forme en arche, avec la coulée des glissandis du troisième mouvement, comme un centre énigmatique et doux. Le premier et le dernier ont une même structure temporelle, rigoureusement définie, remplie d'un contenu tout différent. Par contraste, les second et quatrième mouvements ont exactement le même matériau, mais les deux parties de guitare sont inversées, si bien que tout ce qui était écrit un quart de ton plus haut est maintenant transposé un quart de ton plus bas: un changement de perspective simple mais frappant.

 

Richard Toop

 

 

 

 

 

TRANS de PASCALE CRITON (2014 - 2016)

 

I - Double, II - Suspensif, III - Fluant, IV – Diagonal

V - Mobile (création) 

 

 

Trans pour deux guitares explore les possibilités d’une scordatura en 1/12e de ton.

Cette disposition de l’accord se prête à d'infimes variations de timbre et de hauteur qui renouvellent l'écriture et la sensibilité de l'instrument.

 

Cinq mouvements explorent des transformations liminales, faisant apparaître les couleurs d’une transitivité harmonique microtempérée, au seuil de la perception.

 

Autres repères, autres gestes : Trans est le fruit d’un travail en étroite collaboration avec Estelle Lallement et Filipe Marques.

 

Pascale Criton

 

 

 

 

 

L'OISEAU RARE de FRANCISCO LUQUE (2000)

 

 

L'Oiseau rare fait partie de mes travaux dérivés de la recherche dans le domaine de la microtonalité. Les scordatures des deux instruments sont différentes, mais complémentaires, et fondées sur une idée qui privilégie certains intervalles parmi lesquels la quarte physique (un intervalle de 551.3 cents, exprimé par la fraction 11/8è, et quasi identique à la quarte augmentée d'un quart de ton), la tierce neutre (350 cents), et la seconde majeure augmentée d'un quart de ton. Tout au long de l'oeuvre, les deux guitares se complètent ou s'entrelacent en présentant simultanément les mêmes matériaux, de façon à créer une unité instrumentale.

 

Le titre fait référence à  la fable de Li Bai « Le grand rapace rencontre l'oiseau rare ». La fable commence par une longue description du vol du Grand rapace à travers toutes les régions connues et légendaires de l'univers.  Soudain l'Oiseau rare arrive à sa hauteur : « Tu sembles satisfait de ton sort. Mais observe bien mon aile droite : elle cèle l'ouest le plus lointain. Mon aile gauche couvre les déserts extérieurs de l'est, mes talons foulent les confins de la terre, mon vol encercle les limites du ciel. J'ai construit mon nid dans l'Intangible, ma demeure est le vide. Suis moi, partons, près de moi tu prendras ton essor vers les régions où je séjourne ». Le Grand rapace accepte, en proie à une intense exaltation. Tous deux s'envolent dans l'illimité, tandis que le roitelet et ses amis, de leur perchoir sur une haie, raillent et se moquent.

 

Francisco Luque

 

 

 

 

 

SALUT FÜR CAUDWELL de HELMUT LACHENMANN (1977)

 

 

Helmut Lachenmann utilise, pour cette oeuvre, un passage du texte "Illusion and Reality" du philosophe et historien de la littérature anglais, Christopher Caudwell, marxiste tombé en  février 1937, en Espagne, aux côtés des combattants républicains.

 

 

"Parce que votre liberté ne s' enracine que dans une partie de la société, elle est incomplète. Toute conscience est marquée par la société. Mais comme vous ne le savez pas, vous pensez être libre. Cette illusion que vous arborez si fièrement est le signe distinctif de votre esclavage. Vous espérez séparer la pensée de la vie afin de conserver une part de la liberté humaine. Mais la liberté n'est pas une substance  que l'on peut conserver, elle est une force qui se crée à travers la lutte active avec les problèmes concrets de la vie. Il n'y a pas un "monde de l'art" qui serait neutre. Vous devez choisir entre un art qui n'est pas conscient de lui-même, qui n'est pas libre ni vrai, et un art qui connaît et exprime les conditions de sa propre existence. Nous ne cesserons de critiquer la part bourgeoise de votre art. Nous exigeons simplement de vous, que vous mettiez en accord la vie avec l'art et l'art avec la vie, afin que votre art devienne vivant." Homme prends garde ! "

Vous  êtes encore séparés en deux, tant que vous ne pouvez cesser de mélanger mécaniquement les catégories usées de l'art bourgeois ou de reprendre mécaniquement les catégories d'autres domaines du prolétariat. Vous devez emprunter le difficile chemin créateur: redéfinir les lois et la technique de l'art, afin qu'il exprime le monde qui naît et représente déjà une partie de sa réalisation.

Alors nous dirons..."                                                 

 

Christopher Caudwell